Voitures de fonction électriques : les gestionnaires restent sceptiques
Face aux contraintes écologiques de l'Union européenne, les entreprises doivent électrifier leurs flottes. Les gestionnaires de parc restent pourtant très prudents.
Une rangée de véhicules de fonction électriques en recharge sur le parking d'une entreprise.
Des objectifs écologiques très stricts
Les véhicules neufs immatriculés dans l'Union européenne devront émettre 95 grammes de CO2 par kilomètre en moyenne. Cette contrainte impose de grosses évolutions aux entreprises propriétaires de grandes berlines.
Selon le cabinet Dataforce, près de la moitié des nouvelles immatriculations en entreprise devront être électriques. Le gouvernement allemand prépare d'ailleurs un avantage fiscal pour stimuler cette transition dès le 1er janvier 2019.
L'analyste Benjamin Kibies confirme cette tendance lourde du marché : 'Les constructeurs ne peuvent pas remplir les objectifs de l'UE sans une forte électrification.' Le changement devient inévitable pour le secteur.
Les craintes légitimes des gestionnaires
Les responsables de parcs automobiles redoutent de lourdes pertes financières sur la revente des véhicules. La moitié des entreprises achètent directement leurs voitures au lieu de passer par des contrats de location.
L'expert Thilo von Ulmenstein souligne ce blocage persistant : "Je doute que la plupart des gestionnaires maîtrisent le sujet de la valeur résiduelle des véhicules électriques." Environ 60 % des responsables déclarent conserver une mauvaise opinion de ces voitures.
Pourtant, le déclin du diesel s'accélère au profit des motorisations alternatives. Les véhicules propres représentent désormais 4,4 % des parcs, contre seulement 2,0 % deux ans plus tôt.
Une autonomie encore bien insuffisante
De grands groupes internationaux comme Ikea ou DHL se sont engagés à électrifier l'ensemble de leurs véhicules d'ici 2030. Mais les contraintes techniques du quotidien ralentissent la mise en œuvre globale.
Le responsable de l'électrification chez Vattenfall, Pieter Dumas, met en avant les contraintes opérationnelles : 'L'autonomie des utilitaires actuels dépasse rarement 100 à 120 kilomètres.' Les techniciens sur le terrain nécessitent pourtant un rayon d'action d'au moins 200 kilomètres.
La durée des contrats de location existants freine aussi le renouvellement complet du matériel roulant. Les délais d'attente chez les fabricants compliquent l'approvisionnement des entreprises.